Que les « voyeurs » quittent le musée

Que les « voyeurs » quittent le musée

La Flandre se lance dans un combat contre la censure artistique

Dimanche 22 juillet 2018 — La censure artistique poursuit, aujourd’hui encore, Pierre Paul Rubens. Au 17e siècle, le peintre baroque flamand s’était vu demander par l’église de camoufler certaines parties des silhouettes de ses Vénus en leur peignant des « pagnes ». Aujourd’hui, les réseaux sociaux, dont Facebook, vont encore un peu plus loin. Chaque poitrine, chaque postérieur et chaque chérubin, notamment ceux de Rubens, est exclu de ces plateformes. Grâce à l’intelligence artificielle, des « robots » sondent Facebook à la recherche de nu. Dans le processus, ces machines ne distinguent toutefois pas le nu pornographique du nu artistique. La Flandre, la destination de choix pour apprécier l’œuvre des Maîtres flamands dans toute sa gloire, dénonce cette censure artistique de manière ludique. Dans la Maison Rubens, tous les « voyeurs » qui possèdent un compte Facebook se voient amicalement, mais impérativement, demander de quitter le bâtiment. Avec ce coup publicitaire, la Flandre lance une invitation à Facebook : comment pouvons-nous résoudre ce problème ensemble ? 

Pour vivre les Maîtres flamands, les amoureux de l’art savent où se rendre : en Flandre. Rubens, Bruegel et van Eyck ont vécu et travaillé dans cette région. En Flandre, leurs œuvres figurent encore souvent dans les lieux auxquels elles sont dédiées. « Nous nous faisons volontiers l’écho de cette expérience hors du commun, » affirme Peter De Wilde, PDG de VISITFLANDERS.  

« Nous sommes fiers de pouvoir dire que nos Maîtres flamands attirent chaque année des centaines de milliers de visiteurs en Flandre. Dans le cadre de notre programme pluriannuel autour de Rubens, Bruegel et van Eyck, qui a été lancé en 2018, nous espérons avoir attiré trois millions de visiteurs d’ici la fin 2020. La diffusion de notre patrimoine culturel unique est à ce jour impossible sur le réseau social le plus populaire. Notre art y est qualifié d’indécent, voire de pornographique. C’est particulièrement dommage, car cette catégorisation entrave la promotion de nos Maîtres flamands. »

« Nous sommes pour, pas contre », s’exclame la Flandre. Peter De Wilde, PDG de VISITFLANDERS : « Les réseaux sociaux et l’art ont beaucoup en commun. L’art connecte. Les réseaux sociaux connectent. Tout comme nos Maîtres flamands. C’est pourquoi nous souhaitons engager un dialogue avec Facebook afin d’assurer la visibilité de notre art sur cette plateforme. Il n’est certainement pas si compliqué de distinguer le patrimoine culturel du nu pur et simple. »

Dans cette initiative, Toerisme Vlaanderen reçoit le soutien de différents musées. Plus de 15 musées ont également signé une lettre ouverte. Vous pouvez consulter cette lettre ici.

Un coup publicitaire. Car cela est nécessaire. Pourquoi un coup publicitaire tel qu’une discussion est-il la meilleure solution ? « Nous avons tenté de plusieurs manières de joindre la bonne personne chez Facebook en vue d’aborder ce problème. En vain, » continue Peter De Wilde. Avec ce coup publicitaire, la Flandre lance une invitation au dialogue et espère également attirer les visiteurs dans les musées flamands. « La Flandre est une destination artistique d’exception. Toutefois, la nature discrète de notre région nous pousse souvent à ne pas le revendiquer assez fort. Grâce à ce coup publicitaire, nous faisons parler de nous tout en rendant hommage à l’esprit de Pierre Paul Rubens. Il était un rebelle de l’art qui n’hésitait pas à se mêler aux débats de société. Il n’y a pas de plus bel hommage pour notre Maître flamand que de mener notre combat contre la censure artistique inutile. »

Regardez la vidéo de ce coup publicitaire ici

Vous souhaitez en savoir plus ? Rendez-vous www.flemishmasters.com

Social media doesn't want you to see Rubens' paintings

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